Sofinco, c'est fini entre nous

  • Posté le : 02/10/2015
  • Par : MArie

Cher Sofinco,

quand on s'est connus j'étais jeune et insouciante, j'étais en contrat de qualif' et je gagnais moins que mon loyer, autant te dire que tu m'as tout de suite tapé dans l'oeil. Ma mère m'avait mise en garde contre les crédits revolving mais tu n'étais pas comme les autres. C'est la Carte Fnac qui nous a présentés et je ne pensais pas devoir me méfier de l'ami d'une amie. En fait, la carte Fnac n'était rien d'autre qu'un rabatteur pour toi, rien d'autre qu'un moyen d'amener de nouveau junkies à leur dealer et je suis devenue accro en 2 shots. 

C'était une époque où on ne commandait pas encore ses livres sur amazon, ses mp3 et ses films sur kickass torrent, ses disques durs rue montgallet. La Fnac Saint-Lazare se trouvait à 2cm de mon travail, le midi on allait convoiter des bédés et des Ipods à molette, et tu as mis tous ces trésors à mes pieds, faisant de moi une princesse de la grande consommation. On a vécu heureux pendant plusieurs années tous les deux. Tu m'as aidée à amasser des tas de choses dont je n'avais pas vraiment besoin, tu m'as fait dépenser un argent que je n'avais pas sur lequel tu me pompais un pourcentage exorbitant, mais je n'y voyais que du feu avec chaque nouveau joujou qui remplacait le précédent. Tu me rendais chaque jour un peu plus heureuse en plastique et en papier. Et puis un jour tu m'as dit "viens achète ce lecteur de DVD hors de prix en 8 fois sans frais je vais t'aider tu vas voir" et j'ai craqué. Il était assorti à mon G4, j'ai perdu la tête, et j'ai l'impression de l'avoir payé pendant des mois et des mois, 3 fois son véritable prix probablement. 

Un jour la Carte Fnac et moi on s'est fâchées, je l'ai coupée en deux parce que je n'en pouvais plus de sa mauvaise influence et j'ai décidé aussi de couper mes liens avec toi. J'habitais dans un autre appartement à l'époque. La carte Fnac et moi on s'est perdu de vue très vite, mais toi tu as continué de me dire que tu étais là pour moi. J'ai déménagé, tu es venu voir si j'avais besoin de quelque chose pour m'installer. J'ai préféré vivre avec mon matelas et ma télé par terre. C'était il y a 7 ans.

Sofinco tu es l'ex-petit-copain geignard qui s'accroche et je ne sais plus comment te dire que c'est fini entre nous. C'est fini depuis tellement longtemps que tu as eu le temps de voir passer 3 générations de télémarketeurs qui ont essayé de me vendre tes services et je te jure : j'en peux plus. Le dernier qui m'a appelée, je lui ai dit que je n'avais PAS de compte, que je me foutais de "ma réserve d'argent disponible" mais il a lu son scrpit que tu lui as fait bouffer 25 fois en formation, il m'a dit "mais-oui-mais-en-cas-de-coup-dur-vous-savez..." et j'ai répondu que j'étais une adulte maintenant, que j'avais changé, que j'avais appris ma leçon et que je préférais mendier dans le métro que de remettre le doigt dans l'engrenage. J'ai dit je-veux-que-vous-jetiez-mes-coordonnées-à-la-poubelle, il a répondu c'est-pas-possible-ça-madame. J'ai dit nan-mais-je-veux-plus-que-vous-m'appelliez-ça-suffit, il m'a dit dans-quelques-mois-votre-compte-se-fermera-automatiquement. Et depuis Sofinco, tu m'envoies un courrier toutes les semaines. Et des mails. Qui vont en spam mais tu m'envoies des mails quand même.

Sofinco je t'ai trompé avec Provisio tu sais. Mais tu t'accroches. Provisio a vite compris quand j'ai dit "c'est terminé entre nous, remballe ta camelote" mais toi tu ne lâches pas l'affaire aussi facilement. Je ne sais plus comment te le dire : aujourd'hui je suis forte, je suis responsable, j'ai des sous de côté "en cas de coup dur". Je me fous éperdument qu'à une époque de ma vie on ait acheté un lecteur de DVD ensemble. Casse-toi. Et arrête d'essayer de jouer sur l'emotion ça ne prend pas. Tu es une machinerie infernale avec un turn-over de télémarketeurs à en vomir, moi je ne suis qu'une target de plus dans ton plan pour ne pas te faire enculer par Cofidis. Je le sais. Tu le sais. Il est vraiment temps que tu passes à autre chose.

Si tu étais un vrai humain ça serait tellement plus facile : j'irais voir la police et je porterais plainte pour harcèlement. Mais on n'a pas encore inventé une police pour les connards comme toi. Du coup j'ai été obligée de te balancer à une enquête de satisfaction Ipsos. Voilà où on en est. Je vais cafter à Ipsos que t'es qu'un con qui veut pas me lâcher la grappe. J'ai l'impression d'avoir rapporté au CPE du collège que t'avais mis ta main dans ma culotte mais qu'il peut rien y faire parce que personne a rien vu.

J'ai cliqué sur le lien pour me désabonner à tes newsletters. Mais je suis sûre qu'un autre bot avec une autre adresse va m'envoyer un autre mail bientôt. Tout comme tes courriers continueront d'arriver dans ma boîte après la soi-disant fermeture automatique de mon compte. Sofinco tu es un herpès labial qui refait surface dès qu'on se laisse un peu aller. Un truc pour lequel il n'y a pas de traitement de fond à moins de ne pas y avoir été exposé jeune. Je me sens impuissante dès que ton courrier arrive. Tout ce que je peux faire c'est continuer de déchirer les enveloppes sans même les ouvrir et laisser tes e-mails ringards partir directement en spam. 

Tu es lamentable Sofinco et je ne peux pas croire une seconde que tu t'imagines que tes techniques de violeur tocard peuvent encore marcher en 2015. T'étonnes pas si j'applaudie des deux mains le jour où tu te casseras la gueule. Peut-être même que j'aurai participé à te pousser dans le caniveau.

Bisou.

 

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